Old England - MIM © Brussel Kunst & Cultuur

Optimisme, joie de vivre, nouvelles technologies, progrès scientifiques, rayonnement culturel et, last but not least, effervescence artistique : tous ces termes qualifient à merveille cette période bénie d’une vingtaine d’années ayant précédé la première guerre mondiale et baptisée, non sans un brin de nostalgie, « Belle Époque ». Aujourd’hui, plus d’un siècle plus tard, on retrouve à Bruxelles la même atmosphère enjouée.

Musée Victor Horta à Bruxelles © CC_CreditsPhotoMKSFCA

Principalement en France et en Belgique, la période s’étendant de 1870 à 1914 fut une ère de bien-être, de joie et de prospérité. D’où son nom de « Belle Époque ». À Bruxelles, cette période particulièrement faste sur le plan économique fut marquée par de nombreux salons artistiques.

Les noms de Bruxelles et « Belle Époque » sont indissociables de celui de Victor Horta, le chantre de l’Art Nouveau. Horta rêvait d’innovation et voulait libérer l’architecture de son carcan traditionnel. Afin de rompre avec l’architecture austère des bâtiments industriels, Horta utilise principalement des lignes sinueuses et des courbes inspirées du monde végétal, ainsi que des motifs floraux stylisés. Perfectionniste dans l’âme, il prévoit également tous les éléments de décoration intérieure, faisant de ses réalisations des œuvres d’art à part entière.

Considéré comme l’œuvre fondatrice de l’Art Nouveau, l’Hôtel Tassel, construit en 1893, réunit toutes les caractéristiques que Victor Horta développera dans ses constructions ultérieures : différences de niveau, verrières à motifs végétaux, création d’une serre au milieu de la maison, arcades en fer forgé, oriels, ferronneries faites de volutes et d’arabesques aux façades et aux balcons, etc. L’idée maîtresse de la conception architecturale d’Horta est que la lumière doit atteindre le centre de la maison. Afin d’y parvenir, il place l’escalier au milieu de l’habitation et l’éclaire au moyen d’une ou plusieurs verrières, les pièces se distribuant autour de ces puits de lumière.

Pour qui souhaite se familiariser avec l’œuvre d’Horta, la visite du Musée Horta est incontournable. Établi dans la maison personnelle et l’atelier de l’architecte, le Musée Horta, construit entre 1898 et 1901, est caractéristique de l’Art Nouveau à son apogée. La maison a conservé en grande partie sa décoration intérieure : mosaïques, vitraux et peintures murales composent un ensemble harmonieux et raffiné et traduisent parfaitement le souci du détail et de la perfection qui animait ce précurseur. Bon nombre de maisons construites par Victor Horta ne sont hélas pas ouvertes au public. Organisée tous les deux ans, la « Biennale Art Nouveau et Art Déco » est l’occasion pour les amoureux du patrimoine de découvrir, au travers de visites d’intérieurs et de parcours guidés, les multiples facettes de l’Art Nouveau.

Exilé aux États-Unis pendant la première guerre mondiale, Horta rentre en Belgique en 1919 avec une vision différente de l’architecture : il s’essaie au béton et donne un aspect beaucoup plus cubiste à ses constructions. Il subsiste de la seconde moitié de sa carrière quelques réalisations majeures qui, aujourd’hui encore, jalonnent notre capitale. Citons, notamment, le Palais des Beaux-Arts (Bozar) qui, avec sa merveilleuse salle de concert à l’acoustique irréprochable et ses expositions-événements, jouit d’une réputation internationale. Sans oublier la Gare Centrale, un projet de longue haleine mené à bien par Maxime Brunfaut après le décès d’Horta en 1947.

Old England MIM Bruxelles © CC-Credits Photo Eddy Van 3000

Pièces maîtresses

Bien que Victor Horta soit incontestablement la figure la plus emblématique de l’Art Nouveau, nombreux sont les architectes et les artistes ayant marqué la « Belle Époque » de leur empreinte. Aujourd’hui encore, les pépites architecturales créées à cette période continuent de marquer les esprits. Ce n’est pas un hasard si Bruxelles est considérée dans le monde comme la capitale de l’Art Nouveau. Créé en 1899 par l’architecte Paul Saintenoy, l’immeuble Old England constitue l'un des plus beaux fleurons de l’Art Nouveau bruxellois. Situé au cœur du Mont des Arts, le bâtiment abrite aujourd’hui le « MIM » (musée des instruments de musique) et offre une vue imprenable sur la capitale.

Pour en savoir plus sur cette période chargée d’histoire, rendez-vous au Musée Fin-de-Siècle, inauguré en décembre 2013. Ce musée multidisciplinaire propose un parcours dédié à la création artistique de la fin du dix-neuvième siècle, avec Bruxelles comme carrefour créatif et culturel. On y trouve notamment une collection exceptionnelle d’œuvres d’artistes belges, tels que Léon Spillaert et James Ensor, ainsi que des poèmes d’ Emile Verhaeren et Maurice Maeterlinck. Rappelons que ce dernier a obtenu le Prix Nobel de Littérature en 1911.

En outre, les Musées Royaux d’Art et d’Histoire (musée du Cinquantenaire), renferment d’admirables collections consacrées à cette période, visibles notamment dans la « salle Wolfers ». Cette salle abrite des pièces exceptionnelles telles que les chandeliers d’ Henry Van de Velde, lesquels sont exposés dans des vitrines réalisées par Victor Horta pour les célèbres joailliers Wolfers Frères.

À l’attention des personnes intéressées par les courants artistiques ayant émaillé la « Belle Époque », l’organisme « Visit Brussels » a rédigé un mini-guide intitulé « Art Nouveau et Art Déco », disponible dans tous les bureaux d’accueil pour la modique somme de cinquante centimes.

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