
Karel Vaes
Des pommes, des poires et des cerises
Karel est la troisième génération de fruiticulteurs à vivre et à travailler dans la ferme carrée de Helshoven. Il y cultive des pommes, des poires et des cerises. Il s’agit d’une offre épurée qui lui permet de se concentrer sur le goût. À une époque où les fruits sont essentiellement jugés sur leur durée de conservation, Karel prend une direction radicalement différente. « Malheureusement, je ne me facilite pas la tâche en cultivant comme ça. Car, plus le fruit est savoureux, plus l’arbre est compliqué. C’est une loi à laquelle les fruiticulteurs sont confrontés depuis longtemps. Pourtant, je m’occupe avec plaisir de ces arbres singuliers, qui ont un faible rendement, sont sensibles au gel et produisent des fruits qui ne se conservent pas longtemps. Leurs fruits sont délicieux. En été, les gens viennent de près et de loin pour nous acheter des cerises fraîches. Ces cerises ont le même goût sucré et nostalgique que celles de leur enfance. »
Une pomme à cuire à la poêle
Karelt cultive plusieurs variétés de pommes. Les plus savoureuses sont commercialisées sous les noms de Rosine et Maurice. Tandis qu’il coupe les pommes avec un couteau incurvé, sans les éplucher, il chante leurs louanges. « Rosine est une pomme croquante à la peau très fine. Je la mange toujours le soir, car elle est facile à digérer. C’est aussi une pomme délicieuse à cuire à la poêle. Maurice est quant à elle une variété très aromatique. » Il nous verse un verre de jus de pomme, composé d’un mélange à environ 80 % de variétés patrimoniales. « Il n’est pas servi froid, mais ce n’est pas grave. Un bon jus de pomme peut se boire à température ambiante. Le froid atténue et dissimule les saveurs. Lorsque le jus est vraiment bon, il est meilleur dégusté de la sorte. » Et il est bon : frais et acidulé, pas collant et plein de nuances. Un verre dont on a sans cesse envie de reprendre une gorgée. Le jus est fabriqué à partir de pommes fraîchement tombées. « Les pommes ne tombent que lorsqu’elles sont mûres. Cela donne un jus très savoureux. Les pommes à jus ne doivent pas forcément être les plus juteuses. Nous ne pressons que les pommes de petites variétés anciennes, qui sont plutôt sèches, mais très aromatiques. Le jus obtenu n’est pas aqueux, mais extrêmement concentré. C’est une explosion de saveurs. »
« Je veux redonner à l’agriculture le statut particulier qu’elle a eu pendant des siècles. »